Pour ceux qui connaissent et pour ceux qui découvrent
La prophétie des soixante-dix semaines de Daniel (Daniel 9,24-27) est l'une des plus remarquables de toute l'Écriture. Elle offre une chronologie précise de l'avènement du Messie souffrant, de sa mort, de l'établissement de la Nouvelle et Eternelle Alliance. Tous les Apôtres, le Nouveau Testament en témoigne, tous les Pères de l’Eglise et les chrétiens de tous les temps l’ont toujours vu ainsi.
Pourtant, depuis environ près de deux cents ans, un système d'interprétation différent – appelé « futurisme » – a gagné du terrain dans le protestantisme évangélique. Ce système enseigne que la 70e semaine de Daniel n'est pas encore accomplie. Selon cette lecture, il existerait une « parenthèse temporelle » de près de deux mille ans aujourd’hui entre la 69e et la 70e semaine. Nous vivrions actuellement dans cette parenthèse temporelle comme si l’horloge prophétique avait totalement cessé d’exister !
La dernière semaine – sept années littérales – serait selon ce système les sept dernières années précédant le retour du Christ. Elle mettrait en scène un Antichrist, un temple reconstruit à Jérusalem, une reprise des sacrifices d'animaux dans ce temple, et une grande tribulation dont Jésus-Christ met fin par sa glorieuse venue.
Ce système d’interprétation de Daniel 9, 24-27 est aujourd'hui si répandu, surtout et principalement dans le monde Protestant évangélique, que beaucoup le considèrent comme une « doctrine biblique » alors qu’en réalité cette interprétation est tout simplement une hérésie.
Vous n'avez peut-être jamais entendu parler des « soixante-dix semaines de Daniel ». Peut-être ignorez-vous ce que dit Daniel 9,24-27. Sachez simplement ceci : Cette prophétie, située au cœur de l'Ancien Testament, annonce avec une précision confondante la venue du Messie, sa mort, l'établissement d'une nouvelle alliance, et la destruction du temple de Jérusalem. Elle est l'une des clés qui relient l'Ancien et le Nouveau Testament. Elle montre que Dieu n'a pas improvisé le salut – Il l'avait planifié, Il l’avait même daté, et exécuté ponctuellement en Jésus-Christ.
Malheureusement, cette prophétie a été dénaturée par un système d'interprétation appelé «futurisme». Ce système lui ajoute des éléments qui n'y sont pas : une parenthèse de deux mille ans, une 70e semaine encore à venir ; un Antichrist qui fera une alliance avec Israël ; un temple reconstruit à Jérusalem avec la reprise des sacrifices d’animaux, etc. Ces ajouts ont tellement brouillé la lecture que beaucoup ne voient plus ce que Daniel a réellement écrit.
C'est pourquoi je vous encourage vivement à lire cette étude. Vous y découvrirez ce que dit réellement le texte biblique, sans les ajouts des systèmes humains. Vous verrez comment cette prophétie s'accomplit merveilleusement en Jésus-Christ. Et vous serez ainsi prémunis contre des enseignements qui, bien que très répandus au sein de la chrétienté, s'éloignent de ce que l'Écriture déclare. L'enjeu en vaut la peine : il s'agit de comprendre l'œuvre achevée du Christ et la consommation de toute la rédemption.
Permettez-moi de m'adresser à vous avec le respect que je dois à des frères en Christ. Je sais que vous lisez la Bible avec sincérité et que vous désirez honorer le Seigneur. Je ne doute pas de votre foi ni de votre amour pour les Écritures. C'est précisément parce que nous partageons le même attachement à la Parole de Dieu que je vous invite à réexaminer cette question à la lumière des Écritures Saintes.
Je n’écris pas cet article pour vous condamner, mais pour vous inviter à la réflexion. Votre système futuriste de la 70e semaine n'est pas la foi chrétienne historique, il a été inventé dans le protestantisme au XIXe siècle par John Nelson Darby, (1800-1882) le fondateur du dispensationalisme. Suivi par Cyrus Ingerson Scofield (1843-1921), profondément influencé par les écrits de Darby. En 1909, il publie la première édition de sa Scofield Reference Bible, qui injecte de grandes doses de futurisme et de dispensationalisme dans les commentaires en bas de page.
L'impact est massif : cette Bible devient si populaire dans les écoles bibliques protestantes américaines qu'il faut en imprimer littéralement des millions d'exemplaires. Elle est adoptée par les Congrégationalistes, les Baptistes et certaines dénominations Presbytériennes. C'est par cette Bible que des générations de chrétiens évangéliques du monde entier ont été formés au système futuriste sans même en connaître les origines !
Scofield dans sa Bible annotée, va même contredire sans aucune honte l’Ecriture Sainte, il va placer le ministère de Jésus ainsi que sa mort en croix, toute l’ère de l’Eglise et toute l’histoire en général, entre la 69e et la 70e semaine ! C’est sa fameuse invention d’une parenthèse temporelle, et surtout indéterminée, puisqu’aujourd’hui elle a déjà 2000 ans !
Moïse, sur l'ordre de Dieu, étendit son bâton sur la mer Rouge pour la fendre en deux. Scofield, lui, de sa propre autorité, étend sa théorie pour fendre le temps en deux entre la 69e et la 70e semaine pour sauver son système. Une parenthèse de deux mille ans s'ouvre, vide, invisible, non mentionnée ni par la Bible ni par l'ange Gabriel.
Le « No Man's Land » temporel de Scofield est aujourd'hui quatre fois plus long que les 70 semaines elles-mêmes. Celles-ci durent 490 ans ; sa parenthèse, elle, a déjà près de 2000 – et elle n'en finit pas de s'allonger.
Ainsi, dans le système futuriste du dispensationalisme, la 70e semaine ne contient ni le ministère de Jésus-Christ ni sa mort ni la Nouvelle Alliance. Elle contient un Antichrist, une alliance politique avec Israël, une reconstruction d’un Temple, une reprise des sacrifices d’animaux, etc.
Or, il n'existe aucune parenthèse temporelle à l'intérieur des 70 semaines de Daniel. La période est continue, sans interruption.
Le temps ne s'arrête pas, tout simplement parce que le temps ne peut s’arrête. Les 69 semaines (483 ans) s'achèvent ; la 70e semaine commence immédiatement après. La 484e année succède donc naturellement à la 483e. Il n'y a pas de « trou » chronologique entre les deux. Tout est continu et sans interruption dans le temps. Parce que le temps, mes amis, ne s’arrête JAMAIS, sauf dans les films de science-fiction et dans le système de Scofield.
Ce système du dispensationalisme n'est pas la doctrine des Apôtres, ni même celle des Réformateurs. Je vous prie donc de réexaminer ces questions à la lumière de l'Écriture seule.
Attendre la 70e semaine de Daniel,
c'est nier l'Évangile !
L'ange Gabriel a enjoint Daniel d'être attentif à la Parole et de comprendre la vision après lui avoir ouvert l’intelligence (Dn 9,22-23). Si cette injonction s'adressait au prophète, à combien plus forte raison nous concerne-t-elle aujourd'hui pour comprendre parfaitement la totalité de la prophétie des 70 semaines de Daniel. N’oublions pas que nous avons un privilège, nous savons que Celui qui ouvre l'intelligence, c'est aussi le Christ ressuscité. N'est-ce pas Lui qui, sur le chemin d'Emmaüs, « ouvrit l'intelligence des disciples pour qu'ils comprennent les Écritures » (Lc 24,45) ?
Cet article se propose donc d'explorer en profondeur cette compréhension essentielle de la prophétie de Daniel, en demandant au Seigneur de nous ouvrir l'intelligence comme Il l'a fait pour ses disciples.
Imaginez qu'un prophète, exilé loin de sa patrie, reçoive la visite d'un ange. Ce prophète s'appelle Daniel. Il vit à Babylone, au VIe siècle avant Jésus-Christ. Son peuple est captif. Sa ville sainte, Jérusalem, est en ruine. Il prie, il supplie Dieu pour la restauration d'Israël. Et soudain, l'ange Gabriel lui révèle une chronologie divine : soixante-dix semaines d’années.
Dans le langage prophétique biblique, une "semaine" (shavua en hébreu) désigne une période de sept ans. C'est précisément cette unité de mesure (la semaine de 7 ans) que l'on retrouve dans le Lévitique au chapitre 25, verset 8 :
«Tu compteras sept sabbats d'années, sept fois sept années, et les jours de ces sept sabbats d'années feront quarante-neuf ans. »
Les 70 semaines d’années de Daniel représentent donc 490 ans. Ce temps n’est pas vague. Il est déterminé, limité, scellé par Dieu Lui-même. Ce n'est pas une prévision ordinaire, c'est le calendrier de Dieu pour accomplir six objectifs décisifs que le Divin Rédempteur devra accomplir avant l’expiration de ces 70 semaines d’années pour le salut, non seulement du peuple de Daniel, mais également pour le salut du monde :
« Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle » (Jn 3, 16)
Il résume l'amour inconditionnel de Dieu, le sacrifice expiatoire parfait et définitif de Son Fils Unique, Jésus-Christ et la promesse du salut pour quiconque croira en Lui. Le sacrifice du Christ est le sacrifice ultime, mettant fin à tous les sacrifices de l’Ancienne Alliance, pour purifier les croyants de leurs péchés et les réconcilier avec Dieu.
Comme déjà dit plus haut, si la 70e semaine de Daniel n’avait pas été accomplie, alors le Christ n'aurait toujours pas accompli la Rédemption et nous serions toujours dans nos péchés et séparés de Dieu.
Mais l'Écriture ne ment pas. Jésus-Christ a tout accompli lors de cette ultime semaine, c’est-à-dire la 70e semaine, la dernière. Ce qui veut dire que les 70 semaines de Daniel ont toutes été consommées. Il n’y a donc plus à attendre quoi que ce soit de Daniel 9, 24-27 : «Tout est accompli» (Jn 19, 30).
Par l’Ecriture Sainte, il sera démontré dans la troisième partie, et de manière incontestable, que les autres versets, 25, 26 et 27, se sont tous également accomplis.
« Soixante-dix semaines ont été fixées sur ton peuple et sur ta ville sainte, (1) pour faire cesser les transgressions et (2) mettre fin aux péchés, (3) pour expier l'iniquité et (4) amener la justice éternelle, (5) pour sceller la vision et le prophète, et (6) pour oindre le Saint des saints. » (Daniel 9, 24)
Examinons maintenant point par point ces six objectifs prophétiques, et confrontons-les au témoignage du Nouveau Testament.
1. « Pour faire cesser les transgressions »
Accompli : « Or il était transpercé à cause de nos transgressions, écrasé à cause de nos péchés ; Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. » (Isaïe 53, 5)
2. « Mettre fin aux péchés »
Accompli : « Voici l'agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde » (Jn 1, 29)
« Car Christ est mort une fois pour toutes pour les péchés » (1 Pi 3, 18)
« Lui qui a porté nos péchés dans son corps sur le bois » (1 Pi 2, 24)
« Maintenant, à la fin des siècles, il a paru une seule fois pour abolir le péché par son sacrifice » (Héb 9, 26)
3. « Pour expier l'iniquité »
Accompli : « Dieu l'a destiné à être victime expiatoire par son sang » (Rm 3, 25)
« Il est lui-même la propitiation pour nos péchés » (1 Jn 2, 2)
4. « Amener la justice éternelle »
Accompli : « Afin que, justifiés par sa grâce, nous devenions héritiers de la vie éternelle » (Tite 3, 7)
« Par l'obéissance d'un seul, beaucoup seront rendus justes » ; « Afin que, comme le péché a régné par la mort, ainsi la grâce régnât par la justice pour la vie éternelle, par Jésus Christ notre Seigneur. » (Rm 5, 19 & 21)
« Celui qui n'a point connu le péché, il l'a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu. » (2 Co 5, 21)
5. « Pour sceller la vision et le prophète »
Accompli : « Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. » (Mt 5, 17)
« Aujourd'hui, cette Écriture est accomplie » (Lc 4, 21)
« Et, commençant par Moïse et parcourant TOUS les prophètes, il leur interpréta dans TOUTES les Écritures ce qui le concernait… C’est là ce que je vous disais lorsque j’étais encore avec vous, qu’il fallait que s’accomplît TOUT ce qui est écrit de moi dans la loi de Moïse, dans les prophètes, et dans les psaumes. » (Lc 24, 27 & 44).
« TOUT EST ACCOMPLI » (Jn 19, 30)
6. « Pour oindre le Saint des saints »
Accompli : « Dieu a oint Jésus de Nazareth » (Ac 10, 38) ;
« Christ est entré dans le sanctuaire très saint, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang » (Héb 9, 12)
Si les six objectifs en Daniel 9, 24 sont déclarés accomplis
dans le Nouveau Testament par l'œuvre du Messie souffrant,
et que ces objectifs constituent le but final des 70 semaines,
alors la période prophétique des 70 semaines est arrivée à son terme
il y a 2000 ans !
Pourtant, les futuristes affirment, comme tout vrai Chrétien, que Jésus-Christ a accompli dans son intégralité l’œuvre de la Rédemption. Ils confirment même les paroles du Christ « Tout est accompli » (Jn 19, 30). Donc, ils devraient logiquement reconnaître que les six objectifs ont été accomplis dans le cadre des 70 semaines de Daniel.
Eh bien, non ! Ils persistent pourtant à le nier en rapportant obstinément la 70e semaine à la fin des temps.
1) soit l’intelligence leur fait défaut pour comprendre la Parole ;
2) soit ils sont de très mauvaise foi ;
3) soit, et c’est la pire chose, ils savent très bien que les six objectifs
rédempteurs ont tous été accomplis par Jésus dans le cadre des 70 semaines de Daniel,
mais plutôt que de renoncer à leur système eschatologique voué à l'échec,
ils préfèrent renoncer à la Vérité !
Cette position est scripturairement INTENABLE !
Elle est tout simplement une absurdité herméneutique,
une indécence et une effronterie envers la Parole de Dieu !
Voici ce que Notre Seigneur répond à ceux qui annulent la Parole de Dieu pour conserver leur position sectaire et leur système insensé :
« Vous annulez ainsi la parole de Dieu par votre tradition, que vous avez établie. » (Mc 7, 13)
Faire prévaloir un système ou une tradition au détriment de la Parole et de la Vérité est l'un des reproches principaux que Jésus adressait aux pharisiens et aux scribes.
Or, l’ange a dit Daniel :
« Soixante-dix semaines ont été fixées sur ton peuple et sur ta ville sainte, pour…
L’ange n’a pas dit à Daniel :
«Soixante-dix semaines ont été fixées... et entre la 69e semaine et la 70e il y a une parenthèse de près de deux mille ans ou plus, ensuite la parenthèse s’ouvrira et la 70e semaine apparaîtra pour inaugurer la fin des derniers temps »
Non, l’ange Gabriel ne dit rien de tout cela à Daniel, et il ne le sous entend même pas, que du contraire. Car la structure syntaxique hébraïque établit un lien indissoluble entre la période et son accomplissement. Or, si la 70e semaine est encore à venir, alors les six objectifs n’ont pas encore été réalisés par le Rédempteur.
Ainsi donc, selon le système futuriste du dispensationalisme, Notre Seigneur Jésus-Christ n’aurait encore RIEN accompli du tout ! C’est à cette absurdité qu’abouti la logique de ce système hétérodoxe. Car il s’agit bel et bien d’un enseignement mensonger.
Aucun des Apôtres, aucun des Pères de l'Église primitive, aucun des grands Réformateurs, aucun des théologiens protestants orthodoxes des XVIe-XVIIIe siècles n'enseignait que la 70e semaine de Daniel était encore à venir. Tous voyaient dans cette prophétie de Daniel 9, 24, comme le voyait et comprenait le prophète Daniel ainsi que l’Eglise primitive, l'annonce et l'accomplissement de la venue du Messie souffrant et de son sacrifice rédempteur pour le salut du monde avant l’expiration de la 70e semaine.
Aujourd'hui, des millions de chrétiens tiennent pour « biblique » un système hérétique qui fut inventé il y a à peine 200 ans !
Dans la troisième et dernière partie, il sera expliqué et prouvé que les versets 25, 26 et 27 du chapitre 9 de Daniel ont tous été également accomplis du temps du Christ et des Apôtres.
Cet article n'est pas un simple exercice exégétique. C'est un avertissement fraternel. Revenez aux Écritures. On ne vous demandons pas de croire à l'auteur de cet article, mais d'examiner si ce qu'il dit est bien conforme à la Parole de Dieu. Les premiers Chrétiens ne faisaient pas autrement :
« Ils examinaient les Écritures pour voir si ce qu'on leur disait était exact. » (Ac 17,11).
Cela inclut l'examen des 70 semaines de Daniel. Car ce qui semble être un détail prophétique peut, en réalité, toucher au cœur même de l'Évangile et de la foi.
Chers frères et sœurs en Christ, ne vous laissez pas égarer. Il y a aujourd'hui des voix nombreuses – dans des livres, des films, des prédications – qui vous annoncent que la 70e semaine de Daniel est encore à venir. Je dois vous dire avec droiture : cet enseignement s'écarte de ce que l'Écriture déclare. Je ne mets pas en doute la sincérité de ceux qui le diffusent.
Je ne les accuse pas de malice délibérée. Mais ils sont prisonniers d'un système interprétatif – le dispensationalisme – dont ils n'osent s'affranchir, même lorsqu'il contredit la Parole de Vérité. Or, un système qui contredit l'Écriture doit être abandonné. Ne les suivez pas.
Servons l'Écriture plutôt que les systèmes humains.
Analyse Scripturaire
des versets 25, 26, 27
Ayant posé le préalable spirituel dans la première partie et déjoué le piège chronologique dans la seconde, voici maintenant la démonstration, par le texte sacré seul, pourquoi l'enseignement d'une 70e semaine encore à venir est intenable et comment son effondrement entraîne avec lui tout l'échafaudage du système futuriste du dispensationalisme.
Ce commentaire suit le principe de l'herméneutique classique : l'Écriture s'interprète par l'Écriture, et les prophéties bibliques doivent être mises en relation avec les événements historiques qu'elles annoncent. Contrairement à l'approche futuriste qui projette Daniel 9, 24-27 dans un avenir lointain et indéterminé, l’Ecriture, elle, démontre que les versets 25 à 27 se sont déjà accomplis dans le passé :
L'apparition de l'Oint (v. 25), l'établissement de la Nouvelle Alliance « avec plusieurs » (v. 27), sa mort sur la croix mettant fin aux sacrifices de l'ancienne Alliance – « il fera cesser le sacrifice et l'offrande » (v. 27) – et enfin la destruction du Temple de Jérusalem par Titus en l'an 70. C'est lui, le « chef dont le peuple viendra détruire la ville et le sanctuaire » (v. 26).
Analyse du verset 25 :
«Sache-le donc, et comprends ! Depuis le moment où la parole a annoncé que Jérusalem sera rebâtie jusqu'à l'Oint, au Conducteur, il y a sept semaines et soixante-deux semaines. »
Il y a donc 7 + 62 = 69 semaines jusqu’à l’Oint
L'expression clé est « jusqu'à » (ad en hébreu). Elle indique un point d'arrivée, non un point d'inclusion. Lorsque l'on dit : « Je cours du départ jusqu'à la ligne d'arrivée. », on comprend que la ligne d'arrivée est le terme de la course. Le coureur n'arrive pas « pendant » le parcours ; il arrive à la fin des kilomètres parcourus.
De même, les 69 semaines aboutissent à l'Oint ; elles s’achèvent avec son apparition. Ce qui veut dire que l’Oint (Jésus-Christ) fait son apparition au début de la 70e semaine. L’Ecriture est très claire.
Le texte ne dit pas :
« L'Oint apparaîtra entre la 69e et la 70e semaine »
Le texte dit :
« jusqu'à l'Oint ». L'Oint marque donc la fin des 69 semaines.
Ce que cela implique
Si l'Oint apparaît à la fin des 69 semaines, alors son apparition coïncide avec le début de la 70e semaine. Car les semaines se succèdent sans intervalle. La 70e semaine commence donc immédiatement après la 69e comme cela a été démontré dans la première partie.
Ainsi :
« Sache-le donc, et comprends ! Depuis le moment où la parole a annoncé que Jérusalem sera rebâtie jusqu'à l'Oint, au Conducteur, il y a sept semaines et soixante-deux semaines, les places et les fossés seront rétablis, mais en des temps fâcheux. »
« Sache-le donc, et comprends ! »
L'ange Gabriel insiste sur l'importance de bien saisir cette chronologie. La compréhension de la prophétie n'est pas facultative ; elle est essentielle pour discerner l'œuvre de Dieu dans l'histoire. C'est pourquoi Jésus, après sa résurrection, « ouvrit l'intelligence des disciples pour qu'ils comprennent les Écritures » (Lc 24, 45), y compris cette prophétie.
« Jusqu'à l'Oint, au Conducteur »
L'expression mashiach naguid désigne celui qui reçoit l'onction pour gouverner. Dans le Nouveau Testament, cette onction est identifiée au baptême de Jésus, où l'Esprit descend sur lui (Mt 3,16). C'est à ce moment qu'il commence son ministère public, qu'il est « conducteur » (naguid) – titre royal messianique.
Jésus est bien l'Oint : « Dieu a oint Jésus de Nazareth de l'Esprit Saint et de puissance » (Ac 10,38). Il est le Conducteur : « Dieu l'a élevé par sa Droite comme Prince et Sauveur » (Ac 5,31).
« Il y a sept semaines et soixante-deux semaines »
Soit 69 semaines. Les « sept semaines » (49 ans) couvrent la période de reconstruction sous Néhémie, avec les difficultés rapportées dans son livre. Les « soixante-deux semaines » (434 ans) couvrent la période suivante, sans événement messianique majeur, jusqu'à l'arrivée de Jean-Baptiste et de Jésus.
« Les places et les fossés seront rétablis, mais en des temps fâcheux »
Cette précision historique confirme la première période de 7 semaines. Néhémie a dû reconstruire face à l'opposition constante de Sanballat et Tobija (Néhémie 2,19 ; 4,1-8). Les « temps fâcheux » ne sont pas une figure de style ; ils décrivent la réalité historique des travaux sous la menace.
Du fait que l'Oint apparaît à la fin des 69 semaines, donc au début de la 70e :
►Elle exclut toute parenthèse entre la 69e et la 70e semaine. Les deux périodes se touchent. Il n'y a pas d'intervalle, pas de parenthèse, rien. Le temps s’écoule normalement comme il l’a toujours été depuis la création.
►Elle place le ministère public de Jésus dans la 70e semaine. C'est donc pendant cette semaine que Jésus établit l'alliance (v. 27) et que, « au milieu de la semaine », il fait cesser les sacrifices par sa mort à la croix.
►Elle ancre la prophétie des 70 semaines de Daniel dans l'histoire. Les événements décrits ne sont pas projetés dans un avenir lointain ; ils se sont produits au Ier siècle, en Jésus-Christ.
Analyse du verset 26 :
« Après les soixante-deux semaines, un Oint sera retranché, et il n'aura pas de successeur. Le peuple d'un chef qui viendra détruira la ville et le sanctuaire, et sa fin arrivera comme par une inondation ; il est arrêté que les dévastations dureront jusqu'au terme de la guerre. »
« Après les soixante-deux semaines, un Oint sera retranché »
Ce que cela signifie :
Après l'ensemble des 69 semaines totales : (7 + 62), l’Oint sera retranché. C’est donc bien pendant la 70e semaine que l’Oint sera retranché.
Ce que cela implique :
L'Oint ne meurt pas entre la 69e et la 70e semaine (la parenthèse imaginaire de Scofield), mais Il meurt après la 69e semaine, c'est-à-dire dans la 70e semaine.
Ainsi :
« Un Oint sera retranché »
Jésus-Christ est crucifié sous Ponce Pilate. L'apôtre Pierre déclare :
« Cet homme, livré selon le dessein arrêté et selon la prescience de Dieu, vous l'avez crucifié et fait mourir par la main des impies » (Ac 2,23).
« Et il n'aura pas de successeur »
L'hébreu ve'ein lo signifie littéralement « et il n'y a rien pour lui » ou « et il n'a personne ». La traduction traditionnelle « il n'aura pas de successeur » est juste : contrairement aux rois, aux grands prêtres et aux prophètes qui avaient des successeurs (Élie/Élisée, Aaron/Éléazar, David/Salomon), cet Oint n'est remplacé par personne.
Importance théologique :
Cette absence de successeur souligne l'Unicité de ce Oint. Son œuvre est définitive. Elle n'a besoin d'aucune continuation, d'aucun remplacement, d'aucune répétition.
Accomplissement dans le Nouveau Testament :
L'épître aux Hébreux insiste sur ce point : « Celui-ci, parce qu'il demeure éternellement, possède un sacerdoce qui n'est pas transmissible » (Hébreux 7,24). Pierre proclame : « Il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné aux hommes par lequel nous devions être sauvés » (Ac 4,12).
Jésus est le seul Médiateur entre Dieu et les hommes (1 Timothée 2,5). Il n'a pas de successeur – et il n'en aura jamais.
« Le peuple d'un chef qui viendra détruira la ville et le sanctuaire »
Ce chef n'est pas un soi-disant Antichrist futur, mais un personnage historique bien identifié. « Son peuple » désigne les Romains. Le « chef » est le général Titus (futur empereur), fils de l'empereur Vespasien. En 70 ap. J.-C., Titus assiège Jérusalem, détruit la ville et le Temple – événement d'une violence inouïe, rapporté par l'historien juif Flavius Josèphe (La Guerre des Juifs).
Notons que Jésus lui-même annonce 40 ans plutôt cette destruction :
« Comme Jésus s'en allait, au sortir du temple, ses disciples s'approchèrent pour lui en faire remarquer les constructions. Mais il leur dit : Voyez-vous tout cela ? Je vous le dis en vérité, il ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit renversée. » (Mt 24,1-2) ;
« Car ce seront des jours de vengeance, pour l'accomplissement de tout ce qui est écrit. » (Luc 21, 22)
La destruction du temple est la conséquence historique du rejet du Messie par Israël comme Jésus l’avait annoncé.
« Sa fin arrivera comme par une inondation »
L'image de l'inondation (kashshetef – comme un déluge) évoque un jugement soudain, irrésistible et dévastateur. Dans l'Ancien Testament, l'inondation est souvent associée au jugement divin : « Le Seigneur viendra comme un torrent impétueux » (Is 59,19). L'image suggère qu'il n'y a pas d'échappatoire face à ce jugement.
Le siège de Jérusalem par Titus fut d'une violence inouïe. Flavius Josèphe décrit la famine, les massacres, les crucifixions en masse. En quelques mois, la ville fut anéantie. Rien ne put arrêter la machine de guerre romaine – comme une inondation qui emporte tout.
« Il est arrêté que les dévastations dureront jusqu'au terme de la guerre »
« Il est arrêté » (necheretzet) signifie que ces dévastations sont décrétées par Dieu. Ce n'est pas le fruit du hasard ou de la seule politique romaine. C'est un jugement divin annoncé à l'avance. La « guerre » désigne la révolte juive (66-73 ap. J.-C.). Le « terme de la guerre » est la fin de cette rébellion.
La guerre judéo-romaine ne s'est pas achevée avec la chute de Jérusalem et la destruction du temple en 70 ap. J.-C. Elle s'est poursuivie jusqu'à la prise de Massada en 73 ap. J.-C., où les derniers rebelles se sont suicidés plutôt que de se rendre. Les « dévastations » ont duré jusqu'à ce terme : des villes rasées, des populations massacrées ou déportées, la terre d'Israël dévastée.
Conclusion ►Le verset 26 annonce deux choses :
1. La mort violente de l'Oint – c'est le cœur de l'accomplissement du verset 24. Par sa mort, le Messie expie les péchés et apporte la justice éternelle et met fin aux sacrifices de l’ancienne Alliance.
2. La destruction de Jérusalem – c'est la conséquence historique du rejet de l'Oint. Dieu ne punit pas son peuple pour avoir simplement « mal interprété » la prophétie ; Il le punit pour avoir rejeté son Fils.
Ainsi, le verset 26 ancre la prophétie dans l'histoire. Il ne s'agit pas d'événements lointains, projetés dans un avenir indéterminé comme le suggère les futuristes du Dispensationalisme. Il s'agit de ce qui est advenu à Jésus-Christ (mort violente) et à Jérusalem (destruction en 70 ap. J.-C.).
L'Oint est venu. Il a été retranché. Il n'a pas de successeur. Sa mort a accompli l'expiation. Et ceux qui l'ont rejeté ont vu leur ville et leur sanctuaire détruits. Tout cela est consommé. Il n'y a rien à attendre de plus.
« Il est venu chez les siens, et les siens ne l'ont pas reçu. » (Jn 1,11)
La suite du verset 26 décrit cette conséquence. Et le verset 27 nous montrera comment, malgré ce rejet, l'alliance est offerte à « plusieurs » – c'est-à-dire aux croyants d'Israël tout d’abord et ensuite à nous, croyant des nations de tous les siècles.
Analyse du verset 27 :
« Il fera une solide alliance avec plusieurs pour une semaine, et au milieu de la semaine il fera cesser le sacrifice et l'offrande ; le dévastateur commettra les choses les plus abominables, jusqu'à ce que la ruine et ce qui a été résolu fondent sur le dévastateur. »
« Il fera une solide alliance avec plusieurs pour une semaine »
a) Qui est le « Il » ?
Argument grammatical : Le sujet principal des versets 25-26 est l'Oint. Au verset 26, c'est l'Oint qui est «retranché». Naturellement, le pronom « IL» du verset 27 se rattache à ce sujet principal. Dans la syntaxe hébraïque, le pronom renvoie au dernier nom masculin important – ici, «Oint».
Argument contextuel : Le verset 27 décrit la période de « une semaine ». Or, nous avons vu que la 70e semaine commence à l'apparition de l'Oint (fin des 69 semaines) et que l'Oint est retranché pendant cette 70e semaine. C'est donc cohérent : c'est le même personnage, l'Oint, qui agit pendant toute cette semaine.
Argument théologique : Seul Dieu, par son Messie, peut établir une « Alliance » au sens salvifique du terme. L'Ancien Testament parle constamment de « l'Alliance de Dieu » (Genèse 9,9; 17,2 ; Exode 19,5). Un chef païen (Titus ou même un hypothétique Antichrist futur) ne peut pas établir une Alliance Spirituelle de Salut.
Argument néotestamentaire : Jésus déclare : « Ceci est mon sang, le sang de l'Alliance » (Mc 14,24). L'apôtre Paul écrit : « Il nous a rendus capables d'être ministres d'une Nouvelle Alliance » (2 Co 3,6). L'épître aux Hébreux est entièrement consacrée à démontrer que Christ est le médiateur d'une Alliance Supérieure (Héb 8,6-13).
Conclusion : Le « Il » du verset 27 est l'Oint, le Messie, Jésus-Christ.
b) « Une solide Alliance »
L'hébreu higbir berit signifie littéralement « il rendra forte une alliance ». Le verbe higbir (forme causative de gabar, être fort) indique que l'Alliance est établie avec puissance, autorité, certitude. Ce n'est pas une alliance fragile ou temporaire. C'est une Alliance ferme, éternelle, indestructible.
Accomplissement : La Nouvelle Alliance scellée par le sang de Jésus est définitive. L'épître aux Hébreux déclare :
« Là où il y a pardon des péchés, il n'y a plus d'offrande pour le péché » (Hébreux 10,18).
Cette alliance ne sera jamais remplacée. Jésus est « devenu garant d'une Alliance plus excellente » (Hébreux 7,22).
c) « Avec plusieurs »
Le terme hébreu rabbim (« plusieurs ») est un terme technique dans l'Ancien Testament messianique. Dans Isaïe 53, le Serviteur souffrant « porte les péchés de plusieurs » (Is 53,12). C'est le même mot. Il désigne la multitude des croyants – d'abord les Juifs croyants, puis les croyants des nations.
Accomplissement : Jésus emploie ce même terme : « Ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, qui est répandu pour plusieurs » (Mc 14,24). L'apôtre Jean voit dans le ciel « une foule nombreuse que personne ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple et de toute langue » (Ap 7,9). Ce sont les « plusieurs » de l'Alliance.
d) « Pour une semaine »
L'expression « pour une semaine » (shavua echad) indique la période prophétique dans laquelle cette Alliance est établie. C’est donc dans cette 70e et dernière semaine que la Nouvelle Alliance est faite par Notre Seigneur Jésus.
« et au milieu de la semaine, il fera cesser le sacrifice et l'offrande »
a) « La moitié de la semaine »
La « moitié de la semaine » (hébreu vachatsi hashshavua) désigne le milieu de la 70e semaine. Chronologiquement, cela correspond à la moitié du ministère public de Jésus.
Calcul : Le ministère public de Jésus a duré environ 3,5 ans – de son baptême vers 27-29 ap. J.-C. à sa crucifixion vers 30-33 ap. J.-C. C'est exactement la « moitié d'une semaine » (3,5 ans).
Objection !
Certains pourraient contester et dire :
« Si Jésus est mort à la moitié de la 70e semaine, il resterait donc logiquement encore ½ semaine (3,5 ans) pour compléter cette dernière semaine qui est de 7 ans »
L'objection semble logique à première vue et comme allant de soi. En effet, une période prophétique ne devrait-elle pas s'accomplir dans sa totalité chronologique pour être considérée comme achevée ?
Or, cette objection méconnaît un principe herméneutique fondamental que Jésus lui-même a établi et mis en pratique. Pour connaître ce principe fondamental je vous propose de cliquer ici ►Que faire de l'autre moitié de la semaine ? Réponse de Notre Seigneur.
En attendant voici une réponse courte :
Imaginons qu'un architecte reçoive un délai de 7 ans pour construire un édifice. S'il achève la construction en trois ans et demi, les sept années complètes sont-elles nécessaires ? Non. Car l'œuvre est accomplie avant l’expiration des sept années. C’est de la logique pure. Le délai fixé n'a pas besoin de se poursuivre, car son but est atteint.
De même, Dieu a fixé 70 semaines pour accomplir l'expiation des péchés et la justice éternelle. Le Messie a achevé cette œuvre au milieu de la 70e et dernière semaine, par sa mort sur la croix. Le délai n’a pas besoin de continuer car il est consommé par l’œuvre achevée.
b)« Il fera cesser le sacrifice et l'offrande »
Le verbe hashbit (« faire cesser ») indique une action délibérée, intentionnelle. Ce n'est pas une interruption accidentelle ou forcée par un envahisseur. C'est un acte décisif.
Que signifie : « faire cesser le sacrifice et l'offrande » ?
Il ne s’agit pas d’une simple suspension des rites du Temple, mais de leur abolition totale et définitive. Il est donc paradoxal que les tenants d'une 70e semaine future projettent encore la reconstruction d'un temple matériel et le rétablissement de rites obsolètes, comme si l'Ancienne Alliance n'avait pas été abolie il y a 2000 ans.
Accomplissement à la mort de Jésus :
« Le voile du Temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu'en bas » (Mt 27,51).
Ce voile séparait le lieu saint du lieu très saint. Sa déchirure signifie que le chemin vers Dieu est désormais ouvert par le sacrifice du Christ, et que le système sacrificiel lévitique a perdu sa raison d'être.
« Il abolit le premier [culte] pour établir le second » (He 10,9).
« Là où il y a pardon des péchés, il n'y a plus d'offrande pour le péché » (He 10,18).
Nota bene : Ce n'est pas un soi-disant Antichrist qui fera cesser les sacrifices en interdisant le culte juif. C'est le Messie lui-même qui, par son sacrifice unique et parfait, rend définitivement caduc tout le système sacrificiel de l'Ancienne Alliance. Attendre une reprise des sacrifices dans un temple soi-disant reconstruit à la fin des temps après la Croix, c’est ignorer deux choses essentielles :
► La première, c’est qu’il n’y aura plus jamais de sacrifices d’animaux pour rendre un culte à Dieu puisque Christ a aboli TOUS ces sacrifices.
► La deuxième, il n’y aura AUCUN temple construit à Jérusalem, car c’est totalement ignorer que le véritable temple de Dieu sur la terre, c’est-à-dire l’Eglise, sera TOUJOURS le seul et unique Temple de Dieu, et ce, jusqu’au dernier jour de la fin des temps :
« Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous ? » (1 Co 3, 16).
« L'heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père… Mais l'heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité » (cf. Jn 4, 21-24).
Apparemment les tenants d'une 70e semaine future ignorent royalement le véritable temple de Dieu !
« Le dévastateur commettra les choses les plus abominables, jusqu'à ce que la ruine et ce qui a été résolu fondent sur le dévastateur »
a) Qui est le « dévastateur » ?
Le terme hébreu meshomen (« dévastateur ») est apparenté à shomem (désolation). Il désigne celui qui cause la désolation. Dans le contexte, il s'agit du « chef » romain Titus dont le peuple a détruit Jérusalem (verset 26). C'est le même personnage. Ce dévastateur n'est donc pas un soi-disant Antichrist futur. La lecture d’un Antichrist de ce passage est une importation tardive du 19e siècle et totalement étrangère au texte original.
b) « Commettra les choses les plus abominables »
Le mot hébreu shiqqutsim (« abominations ») désigne des pratiques idolâtriques, des profanations. En effet, dans le contexte historique :
►Les Romains ont planté leurs aigles impériales (considérées comme des idoles) sur le Temple détruit
►Ils ont offert des sacrifices païens sur le mont du Temple
►Sous Hadrien (135 ap. J.-C.), un temple à Jupiter fut érigé sur les ruines du Temple juif
►Jésus fait référence à cette prophétie lorsqu'il annonce « l'abomination de la désolation, dont a parlé le prophète Daniel » (Mt 24,15 & Lc 21, 20) – et il l'applique à la destruction de Jérusalem en 70 ap. J.-C., non à un événement lointain à la fin des temps.
c) « Jusqu'à ce que la ruine et ce qui a été résolu fondent sur le dévastateur »
Le jugement de Dieu s'abat sur celui qui a dévasté Jérusalem. L'Empire romain, bien que puissant, a fini par s'effondrer. En effet, en 476, le chef barbare Odoacre dépose le dernier empereur Romain Romulus Augustule, marquant la fin de l’Empire romain d’Occident. La « ruine résolue » (kalah venecheretzah) est le jugement divin décrété contre les oppresseurs de son peuple.
Le verset 27 est le cœur prophétique de tout le passage. Il révèle ce qui se passe pendant la 70e semaine :
1. L'alliance : le Messie établit une alliance nouvelle, ferme, éternelle, avec la multitude des croyants.
2. L'arrêt des sacrifices : le Messie, par sa mort au milieu de la 70e semaine, abolit définitivement le système sacrificiel de l'ancienne Alliance.
3. Les abominations : le dévastateur (Rome) profane le sanctuaire jusqu'à ce que le jugement divin s'abatte sur lui.
Aucun de ces éléments ne nécessite un report dans un avenir lointain. Tout s'est accompli :
►L'alliance a été scellée dans le sang de Jésus (Mc 14,24)
►Les sacrifices ont cessé d'avoir une valeur expiatoire à la croix (Héb 10,9-10)
►Le Temple a été détruit et profané par les Romains en 70 ap. J.-C.
►L'Empire romain païen a disparu, et le jugement final s'abattra sur toute puissance antichrétienne
Ainsi, le verset 27 achève la prophétie. Les 70 semaines sont consommées. Les versets 24 à 27 sont accomplis. Il ne reste rien à attendre, sauf : « La bienheureuse espérance, et la manifestation de la gloire du grand Dieu et de notre Sauveur Jésus-Christ » (Tite 2, 13)
« Tout est accompli »
(Jn 19,30)
1) L'œuvre du Christ devient incomplète
Daniel 9,24 assigne six objectifs aux 70 semaines. Si la 70e semaine est encore à venir, ces objectifs ne sont pas accomplis – et nous serions encore dans nos péchés, éloignés de Dieu. Mais le Nouveau Testament proclame : «Tout est accompli » (Jn 19,30). Les apôtres ne se sont pas trompés. Le système futuriste contredit l'Évangile, la contradiction est donc flagrante !
2) L'Alliance Nouvelle n’aurait pas encore été
scellée dans le sang du Christ
Daniel 9,27 annonce qu'une alliance sera faite « avec plusieurs ». Or, l'ange Gabriel déclare en Daniel 9,24 que les six objectifs – dont l'établissement de cette alliance – doivent s'accomplir dans les 70 semaines. Si la 70e semaine est encore à venir selon le système futuriste, alors la Nouvelle Alliance n'a pas encore été établie. Jésus n'aurait donc rien accompli de ce que Daniel annonçait.
Mais l'épître aux Hébreux proclame le contraire : la Nouvelle Alliance a bel et bien été scellée par le sang du Christ, et elle a rendu l'ancienne obsolète (Héb 8,13). Le système futuriste, en reportant la 70e semaine, nie implicitement l'accomplissement de l'alliance que Christ a pourtant scellée une fois pour toutes.
3) La parole de Jésus sur l'impossibilité de connaître
le jour et l'heure de sa venue est mise en défaut
Jésus a dit : « Nul ne connaît le jour ni l'heure » (Mt 24,36). Pourtant, selon le système futuriste, si la 70e semaine doit durer sept ans, il suffirait d'en connaître le début pour calculer la fin. Ce que Jésus a déclaré incalculable deviendrait calculable.
Ou bien Jésus dit la vérité, ou bien le système futuriste se trompe. Les deux ne peuvent pas être vrais.
4) Les sacrifices d'animaux devraient reprendre
ce qui contredit l'Écriture
Le système futuriste exige un temple reconstruit à Jérusalem et des sacrifices rétablis. Mais Hébreux 10,18 est clair : « Là où il y a pardon des péchés, il n'y a plus d'offrande pour le péché. » Toute reprise des sacrifices serait une négation de la croix, un blasphème.
De plus, le Nouveau Testament déclare que le vrai temple de Dieu sur la terre, c'est l'Église, et ce, j’usqu’à la fin des temps :
« Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu ? » (1 Co 3,16)
« Vous êtes édifiés… pour être un temple saint dans le Seigneur » (Éph 2,20-21)
Deux différents temples ne peuvent coexister en même temps, ou l’un est le vrai ou l’autre est une contrefaçon.
5) Vous projetez sur l'Antichrist ce que la Bible attribue au Messie
(la conséquence la plus grave)
Selon le système futuriste, Daniel 9,27 (« Il fera une solide alliance avec plusieurs ») parlerait d'un Antichrist. Or, le Nouveau Testament attribue clairement cette alliance à Jésus (Mc 14,24). C'est Lui qui a scellé l'alliance par son sang.
En attribuant à l'Antichrist ce qui appartient au Fils de Dieu, vous commettez une substitution blasphématoire.
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